mercredi 16 juin 2010
Bilan ?
Ceci est le dernier article que je publie depuis Madagascar.
Quand je repense au premier que j’ai écrit ici, il y a sept mois, une foule de sentiments, impressions, souvenirs, se bousculent dans ma tête.
Je m’en vais demain et je ne me sens pas encore prête à faire le bilan de cette aventure.
Pourtant il est temps, je pense.
Je vais donc essayer…
Mais par où commencer ? Comment résumer ce petit bout de vie ?
Comment revenir en quelques phrases sur les kilomètres parcourus, les personnes rencontrées ?
Parce que ce que je retiendrai de Mada, c’est surtout ça. Mes rencontres, mes découvertes.
Je me rends compte en écrivant que je ne peux pas faire de bilan. C’était mon intention mais pour le moment je n’en suis pas capable. Il faudra attendre le retour en France…
Je veux surtout profiter de cet article pour remercier les gens.
Vous, en France, qui m’avez encouragé avant mon départ et soutenu pendant ces quelques mois. Qui m’avez donné des nouvelles, envoyé des mails qui faisaient parfois quelques lignes, parfois quelques pages, et qui toujours m’ont fait me sentir un peu avec vous.
Merci aussi à tous ceux qui ont partagé cette aventure avec moi. Ma famille malgache, qui m’a ouvert sa porte et m’a fait me sentir « à la maison ». Les bénévoles de SPV-Felana, qui, tous à leurs manières, m’ont apporté quelque chose, ce p’tit plus qui fait tout. Les quelques Vazahas d’Antsirabe, jeunes et moins jeunes, qui m’ont montré que l’on peut toujours créer son propre chemin, suivre ses rêves.
Les enfants du quartier et les conducteurs de cyclo pousse, qui ne liront pas ces lignes mais qui devaient être présents dans cet article. Ils m’ont offert des moments de partage et leur confiance, je crois, c’est un beau cadeau.
Voila, je pensais écrire plusieurs pages, en fait je ne peux pas…
Mais, après les larmes que je n’ai pas pu retenir ce matin, je me souviens de ce que je disais avant de partir, sans savoir de quoi cette expérience serait faite : « si je suis triste en partant, j’aurais tout gagné »…
A bientôt
Elodie
jeudi 22 avril 2010
Je sais, il était temps...
Bonjour à tous,
Cela faisait quelques jours, pour ne pas dire quelques semaines, que je remettais l’écriture de cet article à plus tard… Plus le temps passait, plus je me disais que j’avais tellement de choses à raconter que ça occuperait un certain nombre d’heures et de pages et je n’en prenais pas le temps. Mais il est clair que ça ne va pas aller en s’arrangeant donc je prends le zébu par les cornes et je me lance !
Je vais devoir faire des résumés, des raccourcis et des omissions mais voici la suite de mes aventures malgaches…
Alors, tout d’abord : mes vacances (puisque c’est là que je vous ai quitté la dernière fois). Je pourrais écrire des pages et des pages sur le sujet… En gros : c’était génial !
Bon, j’avoue, c’est vraiment très court là…
Je reprends : j’ai pas mal bougé dans Mada, j’ai découvert plein de choses extraordinaires. La première partie des vacances, j’étais avec ma mère. Nous sommes allées vers le Sud Est. On a pris un train. Jusque là, rien d’exceptionnel me direz vous… Mais si, il y a déjà de l’exceptionnel !
En fait, ce train est le dernier de l’île qui prend encore des voyageurs. Il parcourt environ 170km au milieu de la forêt primaire. C’est incroyable, on a mis presque 12 heures parce que le train s’arrête dans plein de petites gares, qui semblent littéralement perdues au milieu du monde, et y reste au grès des chargements et déchargements. Quand le train arrive, plein de gens l’entourent ; il faut dire que c’est le seul contact avec le reste du monde qu’auront ces gens dans la journée. Chaque gare est à la fois semblable est différente de la précédente. Il y a toujours cette foule, ces vendeurs de fruits, ces gamins qui réclament du savon, des stylos ou qui se contentent de regarder. Mais dans chaque gare, de nouvelles rencontres sont possibles (même si elles sont courtes), on trouve un nouveau truc à manger (qu’est-ce que j’ai pu manger ce jour là ! J’ai gouté à tout : différentes sortes de bananes, plusieurs fruits dont j’ai oublié le nom, mélange de coco et de farine de maïs…et j’en passe). Pour ce qui est des paysages aussi, il y a de quoi dire ! Sur plusieurs kilomètres, on ne voit que des bananiers, puis que des arbres du voyageurs…etc, c’est dingue, il y a des moments où le train coupe des branches tellement la végétation est proche. On a vraiment l’impression d’entrer dans un univers particulier, vierge de la main de l’homme (à part les rails, d’accord), au cœur du monde et en même temps pas tout à fait dans notre monde…Je ne sais pas si vous voyez ce que je veux dire…
Bref, je clos l’épisode du train pour en venir à Manakara, le terminus. C’est une assez grande ville, sur la côte Est. Là encore : une découverte magnifique ! Nous sommes allées dans un hôtel qui semblait loin de tout. Plusieurs kilomètres de piste pour y arriver mais cela valait le coup ! L’hôtel n’était pas très bien entretenu, on nous avait prévenues. Mais on nous avait aussi dit que c’était un environnement magnifique (« on » en fait c’est le guide qui nous a accompagné, quelqu’un qui connaissait très bien l’île et qui nous a fait découvrir de belles choses, hors des sentiers battus). Et bien, en effet, c’était incroyable.
A quelques centaines de mètres de l’hôtel : le canal des Pangalanes rejoint l’Océan Indien. On a la sensation que deux mondes se rencontrent.
Autre particularité de l’hôtel : les lémuriens qui s’y baladent… Ils sont en liberté mais ont été habitué à la présence humaine donc le matin par exemple, ils viennent et on peut leur donner à manger ; ils nous attrapent la main délicatement et prennent un bout de banane, les plus téméraires grimpent même sur nous et s’agrippent à nos vêtements pour être plus vite servis ! C’est vraiment un moment extraordinaire !
Je vous avais dit que ça risquait d’être long…Bon je vais finir cette partie des vacances en vous racontant une dernière chose… A un moment, on s’arrête au bord de la route, devant une petite maison qui, à première vue, est comme toutes les autres. En fait, nous y rencontrons un homme, plus très jeune, qui nous montre son jardin. Un endroit que j’ai adoré : petit, idyllique. Des arbres fruitiers, un petit cours d’eau et des caméléons… A cet endroit, on a l’impression que le temps s’arrête, ou qu’il n’a plus d’importance, c’est calme, paisible…On a envie de s’assoir sur un rocher, les pieds dans l’eau et de regarder, d’écouter ce qui nous entoure, ou d’ouvrir un bon livre…
Avant de partir, notre hôte a attrapé des caméléons et nous les a mis sur le bras ! C’est vraiment curieux de voir cet animal vous grimper dessus, on a toujours l’impression qu’il va perdre l’équilibre et se ramasser mais non, il tient bon !
Voila, j’en ai fini pour cet épisode, même s’il reste plein de choses à dire et je passe à la deuxième partie. Quand mon père est arrivé, nous sommes restés quelques jours à Tana puis nous sommes partis à Majunga, une ville sur la côte Ouest.
Avant le départ, on s’est fait une journée de ballade à environ 90km à l’Ouest de Tana, c’était vraiment bien. On a vu un lac immense, une cascade impressionnante et des geysers. Devant ça, on avait juste envie de dire « waouh », les geysers n’étaient pas très grands mais voir cette eau qui sort de la terre comme ça, au milieu de roches ocre, c’est assez incroyable.
Maintenant je passe à Majunga…Première chose : il fait chaud ! Non, il fait très chaud ! Plus de 40 degrés à l’ombre…mais où est donc l’ombre ?!
On était dans une maison prêtée par une amie de ma mère, à deux pas de la plage. Au programme, baignade plusieurs fois par jour. Cela ne nous rafraichissait pas vraiment puisque l’eau était chaude…mais bon, c’était très agréable. Et puis on mangeait beaucoup de poissons, que les pêcheurs nous vendaient sur la plage, des capitaines (si, ça existe, et c’est très bon), des crevettes, des langoustes…tout ça grillé au barbecue…hum…un délice !
La ville en elle-même est assez agréable je trouve. Je ne saurais pas très bien expliquer l’atmosphère qu’il y règne mais l’éclat permanent du soleil lui donne à la fois un côté carte postale et un autre, tellement plus vivant. Et face à la mer on trouve le plus vieux baobab de Madagascar, il a une taille vraiment étonnante.
Là encore, je pourrais raconter bien d’autres choses mais les lignes s’accumulent et j’ai encore tant de choses à dire…
Je passe donc à mon retour…
Je me demandais ce que ça me ferait de revenir à Antsirabe…j’ai eu une sensation à laquelle je ne m’attendais pas vraiment : j’avais l’impression de rentrer chez moi.
Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en train de vous dire que je ne reviendrai pas en France. Non, je suis trop impatiente de faire mon M2… (comment ça même de loin vous pouvez détecter l’ironie de cette phrase ?). Bon, sérieusement, je vais rentrer, c’est certain, mais il est vrai que j’ai découvert une ville, des gens, qui me font aussi me sentir bien.
Donc, j’ai retrouvé mes habitudes avec quelques changements quand même puisque des bénévoles sont arrivés pendant mon absence. Ils sont tous vraiment bien, chacun à leur manière (je suis obligée de dire ça, ils vont peut-être lire cet article !).
Marine n’est restée qu’un mois, elle a aidé SPV au niveau communication (pour l’organisation du cabaret par exemple) et a coaché les jeunes au basket. Elle est déjà repartie mais je pense qu’elle a laissé une petite partie de son cœur ici, à en croire les dernières nouvelles. Maxime est venu donner des cours d’informatique aux enfants ainsi que créer un site internet pour l’asso (il sera bientôt en ligne) et un logiciel de gestion pour le parc cyclo pousse. Sandrine et Sophie sont infirmières, elles font de la prévention Sida auprès des prostituées et font le tour des dispensaires autour d’Antsirabe.
Voila la présentation du petit groupe de bénévoles de SPV-Felana, groupe qui va bientôt accueillir de nouveaux membres d’ailleurs.
J’ai encore beaucoup à dire mais je me rends compte que ça vous fait déjà pas mal de lecture donc je poursuivrai la prochaine fois.
Avant de vous quitter, je peux rajouter que parfois je prends un moment, toute seule, et je regarde autour de moi, je pense à ce que je suis en train de vivre. Je me dis que j’ai de la chance, que j’ai fait de belles rencontres, du genre qu’on n’a pas envie de laisser derrière soi au prochain virage. Des malgaches, des bénévoles, mais aussi certains européens qui ont croisé mon chemin…
Une fois, assise en terrasse avec une amie, j’ai parlé quelques minutes à un résident que je n’avais jamais vu et que je n’ai plus vu depuis. Il disait avec son accent espagnol que la vie nous fait plein de « petites cadeaux » et qu’il faut juste être à l’écoute, savoir les recevoir…J’ai trouvé ça joli, et vrai...
Je vous laisse donc sur cette petite pensée, en espérant que chacun d’entre nous puisse voir, à sa manière, tous ces petits cadeaux.
A bientôt.
Bisous
Elo
lundi 8 février 2010
Ecrire ou ne pas écrire, that is the question
Bonjour à tous,
Je sais que ça fait une éternité que je n’ai rien publié sur le blog…Vous êtes un certain nombre à me l’avoir fait remarquer…
Je pourrais dire : « je n’ai pas eu le temps » mais je suis la première à soutenir à qui veut bien l’entendre : « on n’a jamais le temps, on le prend ». Donc : ça fait longtemps que je n’ai pas pris le temps d’écrire…
Pour être honnête, je n’en avais pas vraiment envie. Ecrire, c’est faire une pause, c’est prendre du recul, analyser et j’avais plutôt envie de vivre tout ça pleinement, sans trop me poser de questions.
Je ne sais pas si cette explication vous conviendra…mais je n’en ai pas d’autre !
Bon, après cette brève introduction, je peux me mettre au récit de ma petite vie malgache !
Après deux mois et demi de vie ici je peux dire que je me sens vraiment bien. A un tel point d’ailleurs que j’ai changé mes plans… Et oui, pour finir je vais partir en vacances en février mais j’ai décidé de revenir à Antsirabe après cette parenthèse. Je suppose que je vous dois encore une explication ? C’est dingue, il faut toujours que je me justifie… Alors, pourquoi je vais probablement revenir ? Je vous donne plusieurs réponses, à vous de choisir celle qui vous convainc le plus…
1) Les choses évoluent bien avec l’asso. SPV-Felana a trouvé un partenariat avec une association française. Nous commençons à nous organiser et à tisser un réseau. Je n’ai pas envie d’abandonner cette aventure maintenant, j’aurais vraiment un goût d’inachevé…
2) Je me plais vraiment ici et j’ai fait de belles rencontres. Je me suis attachée aux lieux, aux gens…
3) J’en ai envie et puis c’est tout.
Donc je vais rester ici jusqu’en juin (c'est-à-dire jusqu’à mon retour en France) ; mais je vais faire une pause de quelques semaines à partir du 11 février exactement, date de l’arrivée de ma mère à Mada (eh oui, j’ai une grande force de persuasion…Mais il faut dire que je me suis attelée à cette tâche avant même mon départ. Et puis il y a des arguments qui ne peuvent que convaincre : un pays magnifique, à l’autre bout du monde…avec une fille formidable– c’est mon blog, j'ai bien le droit de me faire un compliment!). Puis ce sera au tour de mon père de nous rejoindre… Je suis contente de pouvoir leur faire découvrir un peu ce pays. J’ai préparé un petit programme bien sympathique…Enfin, je ne peux pas tout dévoiler, eux-mêmes ne sont pas au courant !
Il ne me reste donc plus que quelques jours avant mes vacances… et j’ai plein de choses à faire…il me faudrait des journées de 40heures… ! Face à cette impossibilité, je vais me débrouiller comme je peux ; mais je suis une pro de ce que l’on nomme « la dernière minute » donc je vais mettre à profit mon expérience pour gérer au mieux ces derniers jours…
Bon, je me rends compte que je ne vous ai toujours rien raconté de concret sur ce que j’ai fait depuis le dernier article…
Je vais essayer de ne plus (trop) partir dans des digressions … Je peux le faire ! Peut-être…
Alors, comme je l’ai déjà expliqué à certains : je suis intervenue dans un collège public, auprès de 4 classes de 3ème. Je me demandais comment ça allait se passer, je dois avouer que je n’étais pas spécialement rassurée à l’idée de me retrouver seule sur une estrade, face à 50 élèves (et oui, ils sont 50 par classe !)… Je n’avais pas de programme à suivre, je n’avais pas pour mission de faire un cours, simplement de les faire parler en français. Je me suis dis que j’avais une sacrée expérience dans ce domaine à en juger par les nombreux « trop de bavardages » qui ont empli mes bulletins tout au long de ma scolarité ! Et en effet, je n’ai eu aucun problème ! Ils m’ont posé plein de questions sur ma vie en France, ma vie ici. En général, le tiercé gagnant des premières questions que l’on me posait :
- Etes-vous mariée ?
- Est-ce que vous aimez Madagascar ?
- Est-ce que vous avez des frères et sœurs ?
A part ça, certaines questions m’ont laissé sans voix quelques secondes. Exemple ? Pourquoi la France a colonisé Madagascar ? (là je me lance dans de grandes explications- pas justifications- sur le pourquoi de la colonisation en général : étendre son pouvoir face aux autres empires, accroitre le commerce etc ). Autre domaine, autre question étonnante : un gamin de 15 ans m’a demandé si je pouvais lui parler de la Géode ! Je me suis demandé comment il en avait entendu parler, sachant qu’il n’avait jamais voyagé et que l’accès à internet est rare pour ces enfants qui n’ont pas beaucoup de moyens…
A part ça, un lundi matin (à 7h30 : il devrait y avoir une loi qui interdit que les cours commencent si tôt !), j’ai assisté à la cérémonie de levée du drapeau avec chant de l’hymne nationale puis de l’hymne du collège, j’étais assez impressionnée…
Voila en gros pour mon intervention au collège…Ah non, j’ai oublié de vous dire quelque chose : j’étais presque une star là-bas ! Sérieux hein, il y a même une fille qui m’a demandé si je voulais bien écrire mon nom et signer sur son cahier (ça m’a fait trop rire, j’ai repensé aux autographes qu’on griffonnait en cours l’année dernière et aux réflexions du genre « Tu le revendras quand je serai une star ») ! Ils m’ont demandé mon numéro de téléphone, j’ai accepté de leur donner. Bonne idée…ou pas ! Après j’ai reçu plein d’appels, de demandes du genre « tu veux bien être mon amie ? Je t’aime beaucoup » et de messages « le numéro **** veut que vous le rappeliez » (bah oui, ils n’ont pas beaucoup de crédit), et je pouvais recevoir ce genre de messages à 6h du mat’ ! Enfin, ils se sont calmés maintenant…
Cette fois je tourne la page du collège pour passer directement au chapitre intitulé Vacances à Tuléar.
Je tiens à prévenir les plus sensibles : si vous êtes déprimés en ce moment, frustrés par la grisaille ambiante et un quotidien qui vous ennuie un peu, ne lisez pas ce qui suit… !
Vous voila prévenus, je peux commencer... Je vais vous faire un récit chronologique de cette épopée !
Alors, rendez-vous au taxi-brousse à 17h : nous arrivons à 17h30 (normal), nous partons à 19h (là encore : normal : ce sont les horaires malgaches).
Quand nous partons enfin, je retrouve le sourire que l’attente avait progressivement effacé de mon visage. 500 mètres après : le chauffeur s’arrête ! Pas de panique : il prend juste de l’essence. Dans ce cas : pourquoi nous avons attendu une demi heure ? Mystère…
Bref, nous sommes enfin partis pour de bon ! Et la route a été longue…très longue…17 heures de taxi brousse ! C’est comment dire…LONG, je ne vois que ça ! La route était sinueuse et le chauffeur pas très délicat donc ce fut un peu éprouvant…Enfin, j’ai quand même réussi à dormir un peu : les douleurs que je ressentais dans le dos et le cou se chargeaient régulièrement de me réveiller.
Vers 5h du mat’ je ne dormais plus, le soleil commençait à se lever. Il faisait encore frais, j’apercevais enfin le paysage. Les montagnes et les rizières ont peu à peu laissé place à de l’herbe séchée et des roches tout droit sorties des décors de cinéma : nous avons traversé le Texas malgache comme ils disent ici.
Après les premiers émerveillements : mon impatience reprend le dessus. Dans mon esprit, une phrase tourne en boucle comme le refrain d’un gosse pressé : « Quand est-ce qu’on arriveuh !? ».
Puis : Luc se penche vers moi pour me dire « Ca y est, on voit la mer ! ». Là je suis comme une gamine : je regarde l’horizon : c’est magique, j’aperçois la mer, au loin qui scintille sous le soleil. J’apprécie à nouveau les paysages, je sais que nous arriverons bientôt.
A notre arrivée, nous allons déposer nos affaires là où nous passerons la nuit et nous prenons une bonne douche froide. Après ça, je me sens à nouveau comme un être socialement présentable.
Puis nous rencontrons Lova, l’ami de Luc qui va se marier le lendemain, raison (officielle) de notre petit périple jusqu’à Tuléar. Il nous emmène en 4X4 (moi qui n’aimais pas ces voitures, je commence à les apprécier !) jusqu’à une mangrove. Nous descendons de voiture, il fait chaud, je ne vois pas encore la mer. L’endroit est fermé mais le gardien nous laisse passer. Là je me dis juste « waouh ! ». Je regarde autour de moi : le soleil, la mer…une impression de bout du monde que j’ai rarement ressentie.
Le lendemain : mariage malgache. Il y a assez peu de différences avec les mariages français : même robe blanche, même photos souvenirs, même coups de klaxon quand on quitte l’Eglise, même fête, même relous qui ont trop bus et qui tiennent absolument à vous raconter des histoires auxquelles vous ne comprenez rien (même eux ne se comprennent pas, je crois), même gâteau que les mariés doivent coupés ensemble en prenant la pose… ! Bref, vous connaissez.
Quelques différences tout de même : la chaleur étouffante. Tuléar est une des villes les plus chaudes de Mada. Même ceux qui vivent là transpirent à longueur de journée. Il doit faire entre 35 et 40°C je suppose… A l’Eglise, je ne comprends rien mais le rythme des chansons est souvent plus entrainant qu’en France. Après, à la fête, les mariés sont assis seuls à une table sur une estrade, autour, les tables d’honneur. Ca m’a fait bizarre de les voir à part comme ça…je ne sais pas pourquoi, question d’habitude sans doute…
Après la fête : encore la fête ! Nous sommes parti à une dizaine sur la plage : là encore quelques verres et des brochettes de zébu. Bref, que du bonheur !
Le lendemain, je devais repartir avec Luc et Haja mais j’ai profité des rencontres faites le jour de notre arrivée. Direction Ifaty avec les amis du marié. Ifaty : quesaquo ? Une baie magnifique de 25km de long. La troisième plus grande au monde. Après 25 km de piste et un peu de pluie qui m’a fait redouter le pire : à nouveau « waouh ! ». A nouveau cette impression de bout du monde. Mais si la mangrove était baignée d’un silence reposant, la plage d’Ifaty était plus agitée. Des pêcheurs, des gamins qui courent, se baignent…Un joyeuse agitation y régnait. J’avais l’impression qu’il pouvait se passer n’importe quoi dans le monde, nous étions dans un endroit à part, protégé, comme un microcosme qui a son propre rythme, sa propre vie.
Là je vous passe les détails parce que je me rends compte que je suis en train de vous écrire un roman, mais en résumé : petit tour en pirogue, baignade en pleine mer, dans une eau chaude et transparente puis repas de poissons grillés sur la plage, repos, baignade jusqu’au soir…
Le lendemain, il a fallu repartir. Reprendre la route, tourner le dos à ces petits coins de paradis que nous avions découverts. Les kilomètres parcourus m’ont aidé à fermer cette parenthèse, à réaliser qu’il faudrait retrouver un rythme de travail décent.
Malgré la fatigue du voyage, cette petite pause m’a fait beaucoup de bien et, passé le premier jour, la reprise n’a pas été si difficle...
Bon, ça faisait longtemps que je n’avais rien publié mais là je me suis bien rattrapée quo même (dédicace Flo), pas vrai ?
Je vous laisse… et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures… !
En attendant, sachez que je lis toujours vos mails avec un grand plaisir et que je ne vous oublie pas !
Bisous
jeudi 7 janvier 2010
Nouvelle année, nouvelle rentrée
Oye oye, une nouvelle année est arrivée ! Il est temps de prendre de bonnes résolutions...ou pas !
Bah oui, honnêtement, qui respecte ses bonnes résolutions ? Ou plutôt combien de temps ?
Généralement, elles ne résistent même pas jusqu’au 31 janvier...
Donc plutôt que de prendre plein de résolutions que je ne tiendrai pas, je n’en prends pas ! Heu...c’est un peu facile me direz-vous ?! Si si, je l’entends d’ici... !
Bon, je l’avoue...
Mais je vais essayer de profiter de chaque instant, de me donner les moyens de poursuivre cette expérience et le reste de mes rêves...Ce ne sont pas mes résolutions mais mes projets !
Alors, verdict ?
Et vous, quels sont vos projets pour 2010 ? Racontez-moi tout !
En tous cas je vous souhaite plein de bonheur et (désolé pour ceux qui ont facebook mais plusieurs personnes m’ont fait remarquer- à juste titre- que facebook « ne faisait pas partie de leur cercle d’amis » donc je me permet de faire de la redite) : je vais citer un proverbe chinois qui dit « Les grandes âmes ont de la volonté, les faibles n'ont que des souhaits. ». Et je vais reprendre ce que j’ai rajouté : « J'espère que 2010 sera l'année ou nous aurons tous assez de volonté pour réaliser nos souhaits ! Bonne année à tous ! »...J’ose une auto-citation...je m’épate là ! Je me ferai presque penser à un très bon ami assez prétentieux/arrogant (peu importe le mot, je pense que vous serez plusieurs à le reconnaitre – l’intéressé lui-même se reconnaitra d’ailleurs, j’en suis sûre) !
Bon, plus modestement, quand on trouve une image qui nous plait autant l’exploiter à fond... non ?!
Bref, qui dit nouvelle année dit aussi rentrée...Et je dois dire qu’à Mada comme en France, je me fais assez facilement au rythme vacances... Prendre le temps de faire ce que l’on veut, même si c’est inutile, même si c’est regarder le ciel ou marcher où nos pas nous emmènent...
La reprise est, quant à elle, aussi difficile ! Ce matin, mon réveil a bien dû sonner cinq fois avant que je me lève...
Il faut dire que je dois faire cours à 8h30 et que pour me rendre à la salle je met à peu près une demi-heure...En plus il faut toujours attendre que l’eau chauffe pour la douche...Bref, j’ai bien cru que j’allais être en retard dès le premier jour...D’ailleurs je l’aurais été si un conducteur de cyclo pousse ne m’avait pas attendu dans la rue, devant chez moi, pour m’y amener ! Donc pour mon premier cours de l’année j’étais à l’heure...trop facile !
Ceci m’amène à vous parler un peu de mes activités ici...
Ouah, ma transition est un peu nulle là non ? Il faut m’excuser, j’ai quitté les bancs de la fac depuis quelques mois maintenant...Je ferai un effort pr le M2, c’est promis !
Bref, je reviens à mon sujet...
Alors, le projet que je viens de reprendre est celui des cours de français à des conducteurs de cyclo pousse. Ca se passe tous les matins. D’où le 8h30...J’ai essayé de leur glisser discrètement l’idée que 9h ce serait peut-être pas mal mais ça ne les arrangeait pas...eh... minan’ny amaniny (prononcer : maneman) – je ne voulais pas être vulgaire sur mon blog donc c’est une insulte en malgache...si personne ne comprend ce n’est pas vraiment vulgaire...si ?!. Bref, ça je ne le fais pas depuis mon arrivée. Je viens de m’y mettre même si je connaissais déjà les conducteurs.
Il faut que je vous présente un peu le projet du parc à cyclo pousse parce que je trouve que c’est vraiment une bonne initiative : sensée, concrète...bref, le genre de choses dont Mada a besoin.
Avant, je dois vous dire qu’il y a beaucoup de pousse pousse à Antsirabe. Des centaines, des milliers même ! Non, je n’exagère pas ! Ici, on prend le pousse comme on prendrait le métro !
Il est très rare que les tireurs de pousse (oui je sais « tireurs de pousse pousse » ça fait un peu antinomique ...dans un autre article je vous raconterai une petite anecdote sur le sujet) soient propriétaires de leur pousse. Donc ils le louent chaque jour. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils n’ont pas des conditions de travail faciles. Et ils vivent vraiment au jour le jour, ne peuvent rien prévoir. Ils vont acheter à manger avec l’argent gagné dans la journée. Attention, je ne veux pas faire de misérabilisme ; juste expliquer la réalité le plus fidèlement possible. Et il faut dire que cette situation n’est pas réservée aux tireurs de pousse, beaucoup de malgaches vivent comme ça...
C’est afin d’améliorer leurs conditions de travail (et plus largement de vie) que le projet a vu le jour. Il est soutenu par le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement).
Le but est double : tout d’abord faciliter leur travail. Il est un peu plus confortable d’utiliser un vélo plutôt que d’être à pieds (souvent pieds nus d’ailleurs) et de tirer un pousse à la force des bras.
L’autre objectif est que, à terme, les conducteurs deviennent propriétaires de leur pousse. Donc ils le louent pendant environ 2 ans et, normalement, après ça, leur cyclo pousse leur appartiendra. Ce qui sera synonyme de plus d’indépendance et surtout de plus d’argent.
Voila, résumé comme j’ai pu, le projet du parc à cyclo pousse. Ce programme n’existe que depuis un an donc pour le moment je ne peux vous transmettre aucun bilan...
Quoiqu’il en soit je trouve que c’est vraiment un beau programme : « tsara be » pour le dire en malgache !
Pour ceux qui est des autres cours que je donne, c’est auprès des enfants du quartier qui ne vont pas à l’école . Enfin, je dis enfants mais les plus vieux ont quand même 18 ans !
A propos d’âge, je dois vous dire : les plus petits (3-10 ans on va dire) ne parlent pas français. Ils ne connaissent que quelques expressions... Enfin j’ai quand même droit à quelques mots en français comme un « Bonjour madame » qu’ils prononcent en coeur quand j’entre dans la pièce. « Madame » ! Vous y croyez ? On dirait qu’ils parlent à ma mère... ! Ou ma soeur ! (désolée Flo mais bon, c’est que t’es plus toute jeune ! LOL MDR PTDR...désolée pour les autres : private joke).
Bref, ils disent aussi « pipi madame » quand ils doivent sortir...Enfin, c’est assez limité comme communication n’est-ce pas ? Et de mon côté de je ne connais que quelques mots de malgaches...
J’avoue que pour le moment je ne suis pas bilingue, loin de là ! Mais je vais essayer de m’y mettre un peu plus cette année (serait-ce une bonne résolution ?).
Mais je m’égare là, revenons au sujet principal : les enfants.
Comme il y a un peu tous les âges et tous les niveaux, ils sont divisés en 3 groupes. Jusqu’à l’année dernière je prenais les 3 groupes en même temps, tous les après-midi, pendant 1h30 ou 2h, suivant leur concentration (et mon courage, je le reconnais).
Mais depuis la rentrée, je me suis permis un nouvel emploi du temps. Je m’occupe des petits deux fois par semaine- le mercredi et le vendredi- et je consacre les autres jours aux plus grands.
Je pense que ça va être beaucoup plus simple pour moi mais aussi bien mieux pour eux. Ce n’est pas hyper facile ni pédagogique de passer d’un groupe à l’autre : « oh, il est beau ton coloriage ! Heu...j’en étais où déjà...ah écrivez la suite de la phrase : le veau est le petit de la vache... ». Bref, vous imaginez le genre de scène !
Donc avec les petits c’est plus de l’animation. Pour le moment c’est coloriage, bricolage, jeux... La communication n’est pas facile et je dois dire que j’apprécie quand il y a un malgache qui vient m’aider ! Mais ce n’est pas si souvent...Le reste du temps, c’est un peu la débrouille. Mais bon, ils ne sont pas aussi exigeants que des petits français. Je sais, ce n’est pas bien de faire des généralités, mais là j’assume complètement !
Un petit exemple va illustrer cette idée (un argument-un exemple : schéma typique et convaincant, n’est-ce pas ?). Avant Noël, on a fait un atelier carte de Noël : quand je leur ai dit qu’ils pouvaient garder leur carte, les amener chez eux, ils étaient super contents ; un petit s’est même mis à crier et à sauter dans tous les sens quand je lui ai rendu la sienne (comme si je venais de lui offrir un super cadeau)!
Voila pour ce qui est des plus petits.
Pour les deux autres groupes, c’est différent. En fait il y a un groupe (ils ne sont que deux...c’est un petit groupe quoi !) qui fait de l’alphabétisation. Donc pour le moment ils en sont à lire et recopier des séries de : tutu, bubu, pupu, dudu et autres papa, baba, lala...
Il faut bien commencer par quelques choses...Et ils sont très motivés donc c’est aussi motivant pour moi !
Pour le dernier groupe, ils ont entre 14 et 18 ans. Eux ils sont allés à l’école, à peu près jusqu’en 6ème ou 5ème. Mais ils n’ont pas tous le même niveau donc il faut, là encore, que je m’adapte. En général, ils font de la lecture, de l’écriture et je leur donne des exercices différents suivants leur niveau : conjugaison pour les meilleurs, écriture pour les autres...
Honnêtement, je suis contente de vivre cette expérience et de donner des cours de français mais je ne pourrais pas faire ça toute ma vie ! En même temps ce n’est pas vraiment une révélation. Je pense que vous vous en doutiez ? En tous cas moi je m’en doutais !
Voila, ça fait un moment qu’on me demandait des explications concernant mes activités (eh non, je ne passe pas ma vie à bronzer et boire de la bière malgache... !). J’espère vous avoir un peu éclairé...
A bientôt
Et encore : bonne année à tous !
mardi 29 décembre 2009
Mon Noël malgache
Bonjour à tous, j’espère que vous avez passé un joyeux Noël ? Vous avez été gatés par le père Noël ?
De mon côté je dois dire que j’ai mis un moment à réaliser que c’était vraiment Noël...Loin de la neige, des orgies de guirlandes lumineuses, du matraquage publicitaire et des pères Noël à chaque coin de rues...Eh oui, cette année pas de course aux cadeaux pour moi ni de décoration du sapin ni de chocolats de Noël ou de vin chaud !
Malgré ça, le miracle de Noël a bien eu lieu...
Plusieurs faits demeurent inexplicables sans l’hypothèse du miracle de Noël. Un exemple ?
Je suis allée à la messe le 24 au soir !
Vous n’avez pas mal lu : je suis allée à la messe...de mon plein grés ! Bon, pour limiter l’impact de cette nouvelle je dois avouer que :
- je suis arrivée à la cathédrale vers 23h...mais la messe s’est terminée vers minuit donc une heure c’est pas si mal...
- je n’y suis pas allée parce que j’ai ressenti un appel divin...mais parce que la religion est très importante ici et que j’étais curieuse de voir comment les malgaches fêtaient Noël.
Un autre exemple du miracle de Noël ?
J’ai coupé de la viande de zébu (crue, bien rouge) pour en faire des brochettes. Bon à priori, ce n’est pas exceptionnel comme acte. Mais je vous rappelle qu’en France, je n’aime déjà pas choisir la viande (même emballée) au supermarché...Donc c’est presque un exploit le coup des brochettes de zébu ! Non ?
Ceci m’amène à vous parler de la journée du 24. Avec les membres de l’asso, on a passé la journée à tout organiser et préparer pour aller vendre boissons et nourriture en fin d’aprem et dans la soirée/nuit.
Quelle histoire ! En fait, on s’était décidé à faire ça il y a un moment, pour essayer de récolter des fonds pour l’asso. Première chose : il fallait obtenir une autorisation...le 24 au matin, malgré toute la bonne volonté du monde : toujours pas d’autorisation ! Donc on s’est dit : tant pis, on le fait quand même...on était dans l’illégalité, c’était grisant...on devait se cacher des patrouilles de policiers, être tout le temps sur nos gardes, on n’avait aucun répit...Heu...bon, j’avoue que je m’emballe un peu là... Non...en fait ça ne s’est pas du tout passé comme ça. Il y avait plein de monde, beaucoup d’autres stands faisaient comme nous et je pense que pas un seul ne devait avoir cette autorisation de la mairie... !
Je vous passe les détails des préparatifs mais il y a quand même une chose que je dois souligner à propos des poulets que nous avons vendus : ils étaient vivants quand ils sont arrivés à la maison ! Et, là encore la magie de Noël a fait son travail : j’en ai tué un moi-même ! Quelqu’un le tenait, j’ai pris un grand couteau et d’un coup sec j’ai...mais non, je déconne ! Vous y avez cru ? J’apprend peut-être beaucoup ici mais pas au point d’être capable de tuer un poulet ! Rien que leurs cris me donnaient envie de partir en courant alors... !
Bref, au programme après ça : vente de boissons, brochettes de zébu, poulet grillé, nems, sambos ...
Il y avait beaucoup de monde dans les rues. D’ailleurs je me suis fait la réflexion que nous, en France, nous avons tendance à nous rassembler, pour ne pas dire nous enfermer, pour Noël, alors qu’ici tout le monde sort ! Enfin, il faut dire pour notre défense que le froid qu’il fait en général à ce moment de l’année ne donne pas envie de nous ballader toute la nuit...
Nous sommes donc restés jusqu’à 2h du mat’ à peu près... Comme il nous restait beaucoup de choses à vendre, on devait y retourner le 25 mais, là encore, un miracle de Noël a eu lieu : des gens de la famille nous on acheté tout le poulet, les brochettes et les nems qu’ils restaient !
Au lieu de retourner vendre ce qu’il restait, ce qui ne nous emballait pas vraiment, nous avons tout mangé et fait la fête ! C’est quand même mieux hein ?!
Nous étions installés dehors, autour de quelques bouteilles, et tout le monde a chanté. Enfin, tout le monde...une petite blanche était au milieu de tout ça et se contentait de suivre le rythme car elle était incapable de chanter en malgache... !
Mais j’ai vraiment apprécié cette ambiance. Tout le monde s’y est mis : petits et grands chantaient et dansaient au son des guitares et du tam-tam ! Ca m’a vraiment changé des Noël que j’avais pu vivre jusque là...
Voila, c’était le bref récit de mon Noël malgache...
Je compte sur vous pour me donner des nouvelles et me raconter le votre !
A très bientôt
Elo
mardi 22 décembre 2009
Premier bilan ?
Entre mes 23 printemps et un mois passé ici, un petit bilan serait peut-être légitime...
Qu’en pensez-vous ?
Cette idée s’est imposée à moi...
Mais, après réflexion, j’en suis venue à la conclusion : je n’ai pas de conclusion ! Faire un bilan c’est être à la fin de quelque chose, et pour le moment je n’en suis pas là. C’est avec difficultés que j’essaie de faire le point...
Mais je vais tout de même essayer !
Alors, mes 23 ans... Est-ce que je suis devenue plus mûre ? Est-ce que je sais plus où je vais, pourquoi... ? Ah la la, que de questions existencielles ! En fait je n’ai aucune réponse ; et je vais vous dire : ça me va très bien !
En fait, cet anniversaire a été très particulier pour moi. C’est assez facile à comprendre, je pense. C’est la première fois que je l’ai fêté loin de mes proches. Enfin, grâce à vos mails je ne me suis pas sentie si loin que ça ! D’ailleurs j’en profite pour remercier officiellement le clan des spice girls cinglées (elles se reconnaitront) : les filles j’ai adoré vos vidéos !
A part ça, que dire... ? J’ai fêté mon anniversaire avec une semaine de retard parce que, comme vous le savez, j’étais malade...
Donc samedi dernier : les jeunes de l’asso sont venus à la maison avec leurs instruments (ah oui, je ne vous l’avais pas dit : ils ont un groupe de musique, vraiment bien d’ailleurs, mais je vous en reparlerai). Ils ont joué tout l’aprem ; on a bu un coup (coca uniquement, of course !) et ils sont revenus le soir. Ils m’ont offert un cadeau : une boite à bijoux en bois ; art malgache. Elle est très jolie, le problème est qu’il va falloir que je la remplisse...Vous me comprenez je suppose, je ne peux pas la laisser comme ça, toute vide : il lui faut des bijoux malgaches pour se sentir moins seule...
Bref, la suite du programme : discussion, parties de Uno (où personne n’a triché...hum hum...et pendant laquelle je n’étais même pas de mauvaise foi ! si c’est vrai ! C’est peut-être l’âge...), on a nouveau trinqué (bah oui, il faut ce qu’il faut quand même hein) et puis petit spectacle déguisé/improvisé de Luc (celui chez qui je vis) ... s’il m’embête je publie les photos : ça va faire mal !
Bref, je vous ai fait un petit résumé.
Tout ça pour dire que : j’ai passé un moment sympa ; je n’ai rien fait d’extraordinaire en fait... Mais je me suis rendue compte que le simple fait d’être ici est, en soi, extraordinaire.
Donc après un peu plus d’un mois passé ici, je n’ai pas de bilan à vous transmettre. Juste des impressions. Je suis heureuse d’avoir franchi le pas, d’avoir sauté dans le vide ! Bon d’accord, je n’ai fait que prendre l’avion donc techniquement ce n’est pas vraiment un saut de le vide mais j’aime bien l’expression, ça fait plus romanesque ! Et plus sérieusement, elle retranscrit très bien ce que j’ai ressenti...Un saut dans l’inconnu, trop tard pour reculer, trop tard pour regretter ! Eh bien je vous rassure, un mois après : non rien de rien, non je ne regrette rien... (comment ça quelqu’un l’a dit avant moi ?!).
Je sens que ce voyage m’apprend beaucoup, m’apporte beaucoup... Mais je ne peux pas encore définir ce beaucoup... C’est diffus, complexe, mais bien réel...
Il n’y a pas très longtemps, je regardais par la fenêtre de la bibliothèque (et oui, même loin, je me « culture », faut pas croire !) et tout d’un coup j’ai eu comme un électro choc : je vous jure ! J’ai pris conscience du fait que je regardais toute cette agitation, ces mini bus surchargés, ces tireurs de pousse qui couraient, ces vendeurs le long des routes, ces gamins qui trainaient...bref, toute cette vie...et que c’était devenu mon quotiden. Je me suis rendue compte à quel point ce qui m’entoure m’est devenu familier. Ce que je regardais pleine de curiosité il y a un mois est devenu normal...
Ca m’a procuré un sentiment étrange...
Mais je vous rassure, je ne suis pas encore blasée. Je ne fais pas que VOIR les paysages, je les REGARDE... Et j’espère que ça va durer, que je vais conserver ma capacité d’émerveillement et le plaisir de la découverte encore longtemps... !
Voila pour ce premier bilan qui n’en est pas véritablement un...
Je vous laisse et essaie de vous mettre quelques photos (que vous êtes nombreux à me réclamer). Comme la connexion rame (vous l’aurez compris) je suis obligée de faire une sélection drastique... Mais je me lance un défi : enfin dépasser mon impatience et publier ces photos !
Je vais donc vous livrer, dans les prochains jours, un petit medley... Il retrace en vrac quelques moments que j’ai passé ici, des paysages, des rencontres...
A bientôt !
mardi 8 décembre 2009
Baptême du feu
Jusque là j’avais plutôt bien résisté, physiquement je veux dire...
Un peu de fatigue, quelques fois des maux de tête, rien de bien méchant !
Je commençais à me prendre pour Super Vazaha (c’est à dire la superwoman des européens à Mada )... Et non, après un peu plus de 15 jours de vie ici : j’ai craqué, enfin mon corps a craqué... Si je ne peux plus compter sur lui... !
Bref, j’ai d’abord cru à une chute de tension, ce qui m’arrive parfois en France d’ailleurs.
Je me suis couchée, assez optimiste, en mode « allez, ça va vite passer »... Eh bien ma santé m’a transmis un message subliminal que j’ai très vite enregistré : « Super Vazaha que dalle, c’est pas toi qui décide »... Ok ok, là je l’ai bien compris...
Je vous passe les détails sordides mais en gros le lendemain matin je n’ai bu qu’une demi brique de jus d’ananas et le liquide n’est pas resté très longtemps dans mon ventre, il a très vite préféré faire un aller-retour... ! J’avais super soif mais ne pouvais pas trop boire... idem pour la faim ; super hein !
Du coup je me suis achetée du Coca (enfin on est allé m’en acheter parce que j’avais l’impression que si je faisais 50mètres je m’écroulerais, j’y ai échappé de peu d’ailleurs...).
Le luxe, un coca bien frais ! C’était la première fois que j’en buvais depuis mon arrivée !
Et après plusieurs jours en loque attitude, je vais mieux. Cette saleté aura quand même mis une semaine a passer !
Enfin je me doutais que ça se passerait comme ça, que je serais malade...Il faut juste l’accepter n’est-ce pas ? Là vous vous dites : « eh bah, elle est zen là Elo », non ? Quitte à casser cette belle image je dois l’avouer : je parle comme ça maintenant parce que ça va à peu près, il y a 4 ou 5 jours je n’avais pas cette attitude détachée et pragmatique, je prononcais plutôt intérieurement des vulgarités sur le climat, la bouffe etc..
Bon voila quelques nouvelles. Elles ne sont pas super mais ne vous inquiétez pas, ça va aller...il le faudra bien de toutes façons ! Et je vais déjà beaucoup mieux.
Je vais pouvoir retourner à mes cours de français ... parce que oui, du coup j’ai séché. Enfin comme je suis de l’autre côté de la barrière on ne dit pas : « elle a séché » mais « elle était absente »...Autre changement : nous quand on allait en cours et qu’on nous disait : « la prof n’est pas là » : waouh, la bonne nouvelle de la semaine ! On enchainait avec : « bon, on fait quoi, on va se ballader ? Qui veut aller boire un verre ? » ! Heu...pardon, je m’égare : ça c’était l’attitude de certains irrésponsables...avec mes amis nous en profitions toujours pour nous rendre à la BU et avancer sur nos recherches ... Of course !
Bref, ici, ça ne s’est pas passé comme ça ! Ils étaient déçus.
Je ne vous ai pas dit, il m’ont même demandé si je pouvais faire cours le week end ! Si si, c’est vrai ! Qui serait cap d’aller demander à un de ses profs de faire cours le week end parmi vous ? Je vous lance le défi : qui ira voir Jean-Gab pour lui demander 2 heures de cours le samedi aprem ?!
Bon je vous laisse sur cette digression totale...
De votre côté, comment ça va ? La forme ? Vous résistez aux rhume, grippe, gastro et autres maladies hivernales ? J’attend vos nouvelles avec impatience ; et même si je ne vous répond pas toujours, ou pas très vite, sachez que ça me fait super plaisir de recevoir vos mails, je me sens moins loin de vous (oh c’est beau !).
A bientôt pour de nouvelles aventures !
P.S : désolée mais je n'arrive toujours pas à rajouter des photos... Ne désespérez pas, ça viendra, un jour...
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