lundi 8 février 2010
Ecrire ou ne pas écrire, that is the question
Bonjour à tous,
Je sais que ça fait une éternité que je n’ai rien publié sur le blog…Vous êtes un certain nombre à me l’avoir fait remarquer…
Je pourrais dire : « je n’ai pas eu le temps » mais je suis la première à soutenir à qui veut bien l’entendre : « on n’a jamais le temps, on le prend ». Donc : ça fait longtemps que je n’ai pas pris le temps d’écrire…
Pour être honnête, je n’en avais pas vraiment envie. Ecrire, c’est faire une pause, c’est prendre du recul, analyser et j’avais plutôt envie de vivre tout ça pleinement, sans trop me poser de questions.
Je ne sais pas si cette explication vous conviendra…mais je n’en ai pas d’autre !
Bon, après cette brève introduction, je peux me mettre au récit de ma petite vie malgache !
Après deux mois et demi de vie ici je peux dire que je me sens vraiment bien. A un tel point d’ailleurs que j’ai changé mes plans… Et oui, pour finir je vais partir en vacances en février mais j’ai décidé de revenir à Antsirabe après cette parenthèse. Je suppose que je vous dois encore une explication ? C’est dingue, il faut toujours que je me justifie… Alors, pourquoi je vais probablement revenir ? Je vous donne plusieurs réponses, à vous de choisir celle qui vous convainc le plus…
1) Les choses évoluent bien avec l’asso. SPV-Felana a trouvé un partenariat avec une association française. Nous commençons à nous organiser et à tisser un réseau. Je n’ai pas envie d’abandonner cette aventure maintenant, j’aurais vraiment un goût d’inachevé…
2) Je me plais vraiment ici et j’ai fait de belles rencontres. Je me suis attachée aux lieux, aux gens…
3) J’en ai envie et puis c’est tout.
Donc je vais rester ici jusqu’en juin (c'est-à-dire jusqu’à mon retour en France) ; mais je vais faire une pause de quelques semaines à partir du 11 février exactement, date de l’arrivée de ma mère à Mada (eh oui, j’ai une grande force de persuasion…Mais il faut dire que je me suis attelée à cette tâche avant même mon départ. Et puis il y a des arguments qui ne peuvent que convaincre : un pays magnifique, à l’autre bout du monde…avec une fille formidable– c’est mon blog, j'ai bien le droit de me faire un compliment!). Puis ce sera au tour de mon père de nous rejoindre… Je suis contente de pouvoir leur faire découvrir un peu ce pays. J’ai préparé un petit programme bien sympathique…Enfin, je ne peux pas tout dévoiler, eux-mêmes ne sont pas au courant !
Il ne me reste donc plus que quelques jours avant mes vacances… et j’ai plein de choses à faire…il me faudrait des journées de 40heures… ! Face à cette impossibilité, je vais me débrouiller comme je peux ; mais je suis une pro de ce que l’on nomme « la dernière minute » donc je vais mettre à profit mon expérience pour gérer au mieux ces derniers jours…
Bon, je me rends compte que je ne vous ai toujours rien raconté de concret sur ce que j’ai fait depuis le dernier article…
Je vais essayer de ne plus (trop) partir dans des digressions … Je peux le faire ! Peut-être…
Alors, comme je l’ai déjà expliqué à certains : je suis intervenue dans un collège public, auprès de 4 classes de 3ème. Je me demandais comment ça allait se passer, je dois avouer que je n’étais pas spécialement rassurée à l’idée de me retrouver seule sur une estrade, face à 50 élèves (et oui, ils sont 50 par classe !)… Je n’avais pas de programme à suivre, je n’avais pas pour mission de faire un cours, simplement de les faire parler en français. Je me suis dis que j’avais une sacrée expérience dans ce domaine à en juger par les nombreux « trop de bavardages » qui ont empli mes bulletins tout au long de ma scolarité ! Et en effet, je n’ai eu aucun problème ! Ils m’ont posé plein de questions sur ma vie en France, ma vie ici. En général, le tiercé gagnant des premières questions que l’on me posait :
- Etes-vous mariée ?
- Est-ce que vous aimez Madagascar ?
- Est-ce que vous avez des frères et sœurs ?
A part ça, certaines questions m’ont laissé sans voix quelques secondes. Exemple ? Pourquoi la France a colonisé Madagascar ? (là je me lance dans de grandes explications- pas justifications- sur le pourquoi de la colonisation en général : étendre son pouvoir face aux autres empires, accroitre le commerce etc ). Autre domaine, autre question étonnante : un gamin de 15 ans m’a demandé si je pouvais lui parler de la Géode ! Je me suis demandé comment il en avait entendu parler, sachant qu’il n’avait jamais voyagé et que l’accès à internet est rare pour ces enfants qui n’ont pas beaucoup de moyens…
A part ça, un lundi matin (à 7h30 : il devrait y avoir une loi qui interdit que les cours commencent si tôt !), j’ai assisté à la cérémonie de levée du drapeau avec chant de l’hymne nationale puis de l’hymne du collège, j’étais assez impressionnée…
Voila en gros pour mon intervention au collège…Ah non, j’ai oublié de vous dire quelque chose : j’étais presque une star là-bas ! Sérieux hein, il y a même une fille qui m’a demandé si je voulais bien écrire mon nom et signer sur son cahier (ça m’a fait trop rire, j’ai repensé aux autographes qu’on griffonnait en cours l’année dernière et aux réflexions du genre « Tu le revendras quand je serai une star ») ! Ils m’ont demandé mon numéro de téléphone, j’ai accepté de leur donner. Bonne idée…ou pas ! Après j’ai reçu plein d’appels, de demandes du genre « tu veux bien être mon amie ? Je t’aime beaucoup » et de messages « le numéro **** veut que vous le rappeliez » (bah oui, ils n’ont pas beaucoup de crédit), et je pouvais recevoir ce genre de messages à 6h du mat’ ! Enfin, ils se sont calmés maintenant…
Cette fois je tourne la page du collège pour passer directement au chapitre intitulé Vacances à Tuléar.
Je tiens à prévenir les plus sensibles : si vous êtes déprimés en ce moment, frustrés par la grisaille ambiante et un quotidien qui vous ennuie un peu, ne lisez pas ce qui suit… !
Vous voila prévenus, je peux commencer... Je vais vous faire un récit chronologique de cette épopée !
Alors, rendez-vous au taxi-brousse à 17h : nous arrivons à 17h30 (normal), nous partons à 19h (là encore : normal : ce sont les horaires malgaches).
Quand nous partons enfin, je retrouve le sourire que l’attente avait progressivement effacé de mon visage. 500 mètres après : le chauffeur s’arrête ! Pas de panique : il prend juste de l’essence. Dans ce cas : pourquoi nous avons attendu une demi heure ? Mystère…
Bref, nous sommes enfin partis pour de bon ! Et la route a été longue…très longue…17 heures de taxi brousse ! C’est comment dire…LONG, je ne vois que ça ! La route était sinueuse et le chauffeur pas très délicat donc ce fut un peu éprouvant…Enfin, j’ai quand même réussi à dormir un peu : les douleurs que je ressentais dans le dos et le cou se chargeaient régulièrement de me réveiller.
Vers 5h du mat’ je ne dormais plus, le soleil commençait à se lever. Il faisait encore frais, j’apercevais enfin le paysage. Les montagnes et les rizières ont peu à peu laissé place à de l’herbe séchée et des roches tout droit sorties des décors de cinéma : nous avons traversé le Texas malgache comme ils disent ici.
Après les premiers émerveillements : mon impatience reprend le dessus. Dans mon esprit, une phrase tourne en boucle comme le refrain d’un gosse pressé : « Quand est-ce qu’on arriveuh !? ».
Puis : Luc se penche vers moi pour me dire « Ca y est, on voit la mer ! ». Là je suis comme une gamine : je regarde l’horizon : c’est magique, j’aperçois la mer, au loin qui scintille sous le soleil. J’apprécie à nouveau les paysages, je sais que nous arriverons bientôt.
A notre arrivée, nous allons déposer nos affaires là où nous passerons la nuit et nous prenons une bonne douche froide. Après ça, je me sens à nouveau comme un être socialement présentable.
Puis nous rencontrons Lova, l’ami de Luc qui va se marier le lendemain, raison (officielle) de notre petit périple jusqu’à Tuléar. Il nous emmène en 4X4 (moi qui n’aimais pas ces voitures, je commence à les apprécier !) jusqu’à une mangrove. Nous descendons de voiture, il fait chaud, je ne vois pas encore la mer. L’endroit est fermé mais le gardien nous laisse passer. Là je me dis juste « waouh ! ». Je regarde autour de moi : le soleil, la mer…une impression de bout du monde que j’ai rarement ressentie.
Le lendemain : mariage malgache. Il y a assez peu de différences avec les mariages français : même robe blanche, même photos souvenirs, même coups de klaxon quand on quitte l’Eglise, même fête, même relous qui ont trop bus et qui tiennent absolument à vous raconter des histoires auxquelles vous ne comprenez rien (même eux ne se comprennent pas, je crois), même gâteau que les mariés doivent coupés ensemble en prenant la pose… ! Bref, vous connaissez.
Quelques différences tout de même : la chaleur étouffante. Tuléar est une des villes les plus chaudes de Mada. Même ceux qui vivent là transpirent à longueur de journée. Il doit faire entre 35 et 40°C je suppose… A l’Eglise, je ne comprends rien mais le rythme des chansons est souvent plus entrainant qu’en France. Après, à la fête, les mariés sont assis seuls à une table sur une estrade, autour, les tables d’honneur. Ca m’a fait bizarre de les voir à part comme ça…je ne sais pas pourquoi, question d’habitude sans doute…
Après la fête : encore la fête ! Nous sommes parti à une dizaine sur la plage : là encore quelques verres et des brochettes de zébu. Bref, que du bonheur !
Le lendemain, je devais repartir avec Luc et Haja mais j’ai profité des rencontres faites le jour de notre arrivée. Direction Ifaty avec les amis du marié. Ifaty : quesaquo ? Une baie magnifique de 25km de long. La troisième plus grande au monde. Après 25 km de piste et un peu de pluie qui m’a fait redouter le pire : à nouveau « waouh ! ». A nouveau cette impression de bout du monde. Mais si la mangrove était baignée d’un silence reposant, la plage d’Ifaty était plus agitée. Des pêcheurs, des gamins qui courent, se baignent…Un joyeuse agitation y régnait. J’avais l’impression qu’il pouvait se passer n’importe quoi dans le monde, nous étions dans un endroit à part, protégé, comme un microcosme qui a son propre rythme, sa propre vie.
Là je vous passe les détails parce que je me rends compte que je suis en train de vous écrire un roman, mais en résumé : petit tour en pirogue, baignade en pleine mer, dans une eau chaude et transparente puis repas de poissons grillés sur la plage, repos, baignade jusqu’au soir…
Le lendemain, il a fallu repartir. Reprendre la route, tourner le dos à ces petits coins de paradis que nous avions découverts. Les kilomètres parcourus m’ont aidé à fermer cette parenthèse, à réaliser qu’il faudrait retrouver un rythme de travail décent.
Malgré la fatigue du voyage, cette petite pause m’a fait beaucoup de bien et, passé le premier jour, la reprise n’a pas été si difficle...
Bon, ça faisait longtemps que je n’avais rien publié mais là je me suis bien rattrapée quo même (dédicace Flo), pas vrai ?
Je vous laisse… et vous dis à bientôt pour de nouvelles aventures… !
En attendant, sachez que je lis toujours vos mails avec un grand plaisir et que je ne vous oublie pas !
Bisous
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